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Autour du monde

Myriam Lévesque

Dans le cadre du projet de niveau Autour du Monde, les jeunes de secondaire 1 du programme d’éducation intermédiaire (PEI) ont eu la chance de présenter leur destination voyage à des élèves du primaire.

C’est le 30 mars dernier, à la première et à la troisième période qu’a eu lieu la fameuse présentation des élèves de secondaire 1 PEI sur leur destination voyage. En lien avec leur projet de niveau nommé Autour du Monde, les élèves se sont regroupés en équipe de quatre et un pays leur a été attribué. Chaque coéquipier avait la tâche de choisir une ville de ce pays et de sélectionner des attraits touristiques pour permettre à de futurs voyageurs d’y séjourner. Chacun d’entre eux devait calculer le coût relié à l’hébergement et aux activités citadines, avant de calculer le coût final de leur voyage. La présentation qui s’ensuit avait pour objectif de convaincre de futurs voyageurs de choisir une destination voyage.

C’est aux moyens de kiosques colorés, de ballounes aux couleurs thématiques et de photos oniriques que les élèves de secondaire 1 ont su charmer leur jeune clientèle. En effet, les jeunes du primaire avaient pour mission d’évaluer les différents kiosques et de choisir celui qu’il préférait, afin d’élire une agence vainqueure.

Il est important de souligner que cette présentation était le fruit d’un travail colossal qui s’échelonnait sur plusieurs mois. Effectivement, ce projet d’interdisciplinarité comptait plusieurs tâches à réaliser par les élèves. Parmi elles, on retrouve une armoirie réalisée en cours d’informatique, des fiches animales confectionnées dans le cours de science et technologie ainsi que la rédaction d’un texte sur un élément religieux en cours d’éthique et culture religieuse. Ces éléments ont ensuite été réutilisés pour enrichir les kiosques des élèves.

Autour du Monde en 2020…

Le projet Autour du Monde 2022-2023 est un retour à la formule pré-pandémique du projet, avec peu ou même aucune restriction sanitaire. Ainsi, les élèves de secondaire 1 ont eu la chance de compléter leur projet avec leur présentation.

Malheureusement, ce n’a pas été le cas de la cohorte des élèves de secondaire 4 actuels, qui ont vu leur présentation annulée moins de deux semaines avant sa tenue, dû au confinement… j’en fait partie! Ce fut donc un réel plaisir pour moi de voir l’engagement de ces élèves à travers leur présentation. Je tiens également à mettre de l’avant la qualité des kiosques, que ce soit par la beauté et l’originalité des affiches ou par le dévouement des élèves qui ont cuisiné de la nourriture typique de leur pays. Wow!

Un projet rempli de défis

La majorité des élèves que j’ai sondés m’ont répondu qu’ils avaient beaucoup aimé leur projet. Ils ont notamment apprécié le partage de connaissances qu’ils ont eu avec les plus jeunes. Cependant, certains m’ont parlé de la complexité des recherches effectuées, selon la quantité d’informations disponibles sur leur pays. Néanmoins, plusieurs élèves m’ont affirmé que la présentation leur avait permis de développer une capacité d’adaptation auprès de leur public cible et d’apprendre à mieux gérer leur stress.

Lien image: https://anniversaire-en-or.com/jeu-enquete-autour-du-monde/

Crise en Haïti

Zachary Grandmont

Depuis plusieurs années, les crises en Haïti se multiplient. En effet, l’héritage du colonialisme, en plus des circonstances climatiques et naturelles ont longtemps fait du petit pays un havre de corruption et de pauvreté. La situation, bien que dramatique, n’est devenue critique qu’au courant de la dernière année, ou, suivant l’assassinat du président Jovenel Moise, des gangs criminels lourdement armés ont pris possession d’importantes infrastructures dans la capitale de Port-au-Prince, ou vivent environ un tiers des habitants du pays. Suivant cette attaque, le Premier ministre en fonction, Ariel Henry, a demandé à la communauté internationale d’envoyer une aide militaire afin de mettre fin à la violence, une demande pratiquement jamais vue auparavant.

La situation en bref

En juillet 2021, l’assasinat du du Premier ministre Jovenel Moise donne, semble-t-il, le coup d’envoi au crime organisé du pays, qui prennent, grâce à des armes obtenues sur le marché noir, le contrôle de plusieurs points importants en Haiti, notamment ceux tenant au transport et à la distribution de marchandises. Un régime de terreur s’installe alors, les habitants, souvent déjà très pauvres (avant la crise, Haïti était le seul état d’amérique à être considéré comme un des pays les moins avancés au monde par l’ONU) ont un accès encore plus rare à des ressources essentielles telles que l’eau et la nourriture. De plus, le choléra, que l’on croyait éliminé depuis plusieurs années sur ce territoire a refait surface et, faute d’accès aux infrastructures médicales appropriées, beaucoup de citoyens en sont décédés. Les gangs utilisent aussi la violence physique et sexuelle afin d’intimider les citoyens ou tout simplement parce que la police nationale n’est pas suffisamment nombreuse ou bien équipée pour les arrêter. Les batailles à l’arme à feu sont communes, comme le sont les balles perdues. De plus, ils avaient, pour un temps, le contrôle du centre pétrolier Thor, coupant ainsi une grande partie de la population l’accès à l’énergie. Cela était d’autant plus dramatique car la plupart des habitants n’ont pas accès à un réseau de distribution de l’électricité et remplissent tous leurs besoins énergétiques grâce à des génératrices au pétrole. La structure a depuis été reprise, mais des incidents similaires, comme la fermeture de la quasi-totalité des écoles, ainsi qu’un manque de ressources généralisé, briment toujours la population Haïtienne.

La réponse internationale

En réponse à tous ces problèmes, la communauté internationale n’est pas restée sans rien faire. Plusieurs pays, notamment les États-Unis et le Canada, ont instauré des sanctions d’une ampleur historique aux meneurs des plus grands groupes criminels menaçant présentement la population. Le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant Haïti, la sanction canadienne, qui vise Jimmy Cherizier, meneur du G9, ainsi que huit autres criminels interdit à tout canadien d’effectuer quelque transaction que ce soit avec ces personnes, en plus de geler leurs avoirs à l’intérieur du pays. Tout séjour au Canada leur serait refusé. Ces mesures ont été saluées à l’international et en Haïti, mais leur impact concret reste à être observé. Plusieurs millions de dollars, 16,5 au moment des sanctions, ont aussi été envoyés afin d’à la fois aider la population à se nourrir et se protéger et afin que le gouvernement puisse enquêter et rétablir l’ordre. Le Canada a aussi annoncé la possibilité de sanctions supplémentaires dans le futur.

Opinions divergentes

Suite à la demande historique du Premier ministre par intérim, l’opinion à la fois dans le pays et à l’extérieur a drastiquement divergé. Pour la plupart des habitants, bien que la plupart sont évidemment favorables à l’aide humanitaire, au vu de leur situation, beaucoup redoutent une intervention de nature militaire. En effet, le petit pays des Antilles a déjà été occupé, dans le dernier siècle seulement, à trois reprises. Lors de la plus récente, la force des casques bleus de l’ONU en 2004 a été accusée d’inconduite sexuelle, en plus d’avoir relâché l’épidémie de Choléra qui cause, encore à ce jour, bien du tort aux Haïtiens. Le gouvernement du Canada, par le député libéral de Bourassa Emmanuel Dubourg, dont la famille est d’origine Haïtienne, a exprimé un sentiment similaire: «Le député libéral de Bourassa a indiqué que les interventions militaires dans le passé ont permis de rétablir l’ordre pendant un certain temps, mais que la situation s’est de nouveau détériorée après le départ des soldats en raison de la fragilité des institutions en Haïti». D’autres citoyens ont aussi demandé une réduction du trafic d’armes avec Haïti, ainsi qu’un meilleur équipement pour leurs propres forces. Il est aussi important de considérer leur climat politique actuel, résultant d’une succession de gouvernements instables suite à l’exil du dictateur Jean-Claude Duvalier en 1986. Jovenel Moïse, bien que généralement apprécié de la population, avait été accusé de ne pas avoir réellement gagné les élections par ses opposants. Même l’actuel dirigeant du pays n’a pas été élu, mais a pris le pouvoir en situation de crise à la mort du précédent premier ministre. La tenue d’élections libres depuis aurait été difficile, sinon impossible, mais son autorité n’est pas reconnue par beaucoup d’Haïtiens, pas seulement par les criminels.

Les propositions

Après la demande du gouvernement Haitien, deux projets ont été proposés par les États-Unis et le Mexique, dont un aux Nations-Unies. La première, souvent jugée comme plus  »raisonnable » par les différents acteurs, propose une force d’action rapide dont l’objectif premier serait de permettre à l’aide humanitaire d’atteindre et de profiter à ceux qui en ont réellement besoin, ainsi que de servir de tactique d’intimidation dans le but avoué d’apeurer suffisament les criminels afin qu’ils se rendent. Une forme de réintégration pacifique, ainsi qu’un pardon leur serait proposé. C’est à propos du second projet que le Canada reçoit davantage de pressions de ses partenaires économiques et stratégiques. En effet, cette option consiste en une force policière et militaire non-onusienne, menée par un pays d’Amérique en renfort aux forces de police locales. Les États-Unis, ayant très souvent affecté la politique intérieure d’Haïti, ne se sont pas portés volontaires afin de mener une telle opération, mais à la fois le Canada et le Venezuela ont étés considérés.

Conclusion

La situation, même après plus d’un an de quasi-anarchie, ne s’est pas simplifiée. La possibilité d’une intervention armée plane toujours, sans réel développement. Malgré cela, le temps joue en la faveur de ceux qui souhaiteraient y envoyer une force militaire. Plus les citoyens ont à souffrir sous le joug des criminels, plus ils souhaitent une fin rapide à ces tragiques évènements. Certains haut-placés Haitiens s’inquiètent cependant aussi pour la sécurité de du groupe envoyé, la situation à laquelle ils seraient confrontés étant bien peu orthodoxe: «Il s’est également inquiété de la situation que rencontrerait une force de sécurité internationale, qui ne serait pas confrontée à une armée conventionnelle, mais à des  »gangs, situés dans des zones pauvres et qui utilisent la population comme bouclier pour se protéger »». La situation humanitaire, cependant, ne démontre aucun signe d’amélioration, les multiples groupes criminels ayant plutôt gagné en puissance et en nombre alors que de plus en plus de citoyens sont forcés de les rejoindre par peur ou nécessité, n’ayant pas eux-même accès aux ressources. D’un point de vue économique, un ralentissement général de l’économie déjà fragile du pays a été observé, étant même un des points principaux du document gouvernemental demandant une action militaire qui craignait une «asphyxie complète de l’économie nationale». Le gouvernement canadien n’a pas renoncé à l’idée d’envoyer des troupes, à certaines conditions: «Il veut cependant se faire rassurant quant au spectre d’une potentielle intervention militaire canadienne, affirmant qu’il n’y en aura pas tant qu’il n’y aura pas de consensus politique et populaire clair en Haïti». De telles mesures s’inscrivent aussi à la liste de tensions internationales interventionnistes, grandement amplifiées par le conflit russo-ukrainien. Même si elles devaient être mises en place, de telles actions ne devraient cependant être qu’un prélude à une longue reconstruction, ainsi qu’à l’élimination des problèmes à la source, sinon quoi une autre intervention sera inévitablement nécessaire dans le futur.

Bibliographie

1. BELLAVANCE, Joël-Denis. «Intervention militaire en Haiti: Une solution de ‘’dernier recours estime le député Emmanuel Dubourg», La Presse (24 novembre 2022), [https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2022-11-24/intervention-militaire-en-haiti/une-solution-de-dernier-recours-estime-le-depute-emmanuel-dubourg.php], page consultée le 20 février 2023.

2. David BEAUCHAMP et Lucie FERRÉ. «Crise en Haiti: vers une intervention militaire», Métro (22 novembre 2022), [https://journalmetro.com/actualites/2952559/crise-en-haiti-vers-une-intervention-militaire/], page consultée le 22 février 2023.

3. Danica COTO et Evens SANON. «Haiti demande une ‘’assistance internationale’’», La Presse (7 octobre 2022), [https://www.lapresse.ca/international/caraibes/2022-10-07/crise-de-securite/haiti-demande-une-assistance-internationale.php], page consultée le 24 février 2023.

4. GOUVERNEMENT DU CANADA. Les sanctions canadiennes liées à Haiti (15 février 2023), [https://www.international.gc.ca/world-monde/international_relations-relations_internationales/sanctions/haiti.aspx?lang=fra], page consultée le 17 février 2023.

5. INTERNATIONAL CRISIS GROUP. Dernier recours en Haiti: La perspective d’une intervention étrangère (14 décembre 2022), [https://www.crisisgroup.org/fr/latin-america-caribbean/haiti/b048-haitis-last-resort-gangs-and-prospect-foreign-intervention], page consultée le 24 mars 2023.

6. KITROEFF, Natalie. «Gang violence cripples Haiti’s fight againt cholera», New York Times (29 novembre 2022), [https://www.nytimes.com/2022/11/19/world/americas/haiti-cholera-gang-violence.html], page consultée le 17 février 2023.

7. RADIO-CANADA. Cinq choses à savoir sur Haiti (8 juillet 2021), [https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1807390/haiti-politique-economie-violence-resume], page consultée le 17 février 2023.

UNE SOCIÉTÉ À QUESTIONNER ?

Léa Gillon

Notre société actuelle a certes évolué, mais le progrès n’est pas synonyme de perfection. Notre monde est défectueux. Serons-nous un jour irréprochables ?

La société se veut moderne, sensée et réfléchie. Certains diront que ce n’est qu’un tas de mensonges cachant habilement la réalité. Si nous étions sans failles, l’arrêt Roe v. Wade (qui garantissait qu’une femme enceinte était libre d’obtenir une interruption médicale de grossesse sans restriction excessive de la part du gouvernement) serait encore valide, les fusillades dans les écoles américaines n’auraient pas lieu et une femme pourrait se balader le soir sans crainte. Comme le disait l’écrivain français Raymond Brucker ;« Aujourd’hui est à vous, mais le lendemain ne vous appartient pas». Agissons pour ne pas craindre le monde de demain. 

Lorsqu’on regarde la photo La Bille Bleue, prise en 1972, notre monde semble paisible, serein. Est-ce vraiment le cas ? 

La Terre se détériore et des pays industrialisés comme la Chine et les États-Unis  causent des dommages environnementaux à notre planète. Les associations environnementales font-elles le poids contre ces géants de l’industrie? Le message de Greta Thunberg touche de plus en plus de gens, mais la volonté d’apporter des changements n’est pas présente dans tous les esprits. 

Notre société connaît également des épisodes violents. Aux États-Unis, il y a un rapport de 120 armes pour 100 citoyens. L’année 2022 fut marquée par la violence armée; on a enregistré un nombre effarant de fusillades : 620 au total. Le mois de mai fut particulièrement sombre; Salvador Ramos enlève alors la vie de 19 enfants innocents à l’aide d’une arme achetée le jour de ses 18 ans. Après 620 incidents armés, le pays est plus endeuillé que jamais et les familles, déchirées. Pourtant rien ne change. L’avortement est à présent plus contrôlé que la possession d’armes à feu. Combien de victimes devront encore mourir sous les balles pour que ce pays réagisse ? En Virginie, un enfant de 6 ans a tiré sur son enseignante. La possession d’arme à feu n’est pas quelque chose à prendre à la légère et les conséquences sont importantes. 

La diversité de notre monde tend à l’homogénéité encouragée par une société piétinant toutes différences. Des peuples autochtones sont en danger, menacés par l’acculturation. Ce terme aux valeurs désuètes étant encore tristement d’actualité. Leurs cultures et traditions sont niées, ignorées. Les Papous par exemple, un peuple habitant la Papouasie Nouvelle-Guinée et la Papouasie occidentale (annexée par l’Indonésie) renoncent à leurs croyances animistes n’étant pas reconnues par la doctrine indonésienne. L’Indonésie bafoue leur culture et utilise la répression militaire pour parvenir à ses fins. Ces peuples autochtones se font confisquer leur voix et tombent dans l’oubli. Nous ne pouvons nous permettre de perdre cette diversité si riche au milieu d’une société uniforme. 

Notre société reste imparfaite, révoltante à certains moments, mais il y a toujours place au changement. Elle peut être modelée à notre guise tout en respectant nos convictions et nos valeurs. 

BIBLIOGRAPHIE

MINORITY RIGHTS. Papuans (janvier 2018),      https://minorityrights.org/minorities/papuans/, page consultée le 25 janvier 2023. 

LE DEVOIR. La violence par armes à feu aux États-Unis en six graphiques ( 28 mai 2022), 

https://www.ledevoir.com/monde/ameriques/716358/etats-unis-la-violence-par-armes-a-feu-aux-etats-unis-en-6-graphiques , page consultée le 10 février 2023. 

 RADIO CANADA. Des nombres records de fusillades et de victimes qui ne changent pas grand-chose (14 décembre 2023),https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1940802/records-fusillades-suicides-armes-etats-unis-politique, page consultée le 10 février 2023.

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Le premier chapitre d’une histoire qui commence et finit par les mêmes mots

Anaïs Landry

Une histoire qui débute et finit par les mêmes mots, tel est le défi que je me suis donné, du moins si j’en suis capable. 

Vous trouverez ici le premier chapitre de ce roman.

Chapitre 1

– Je t’aime. me dit-il en me tendant un bouquet de fleurs. C’était un bouquet qui contenait exactement 9 roses. Il me regarda et me dit que 9 roses signifiaient un amour éternel. 

Un amour éternel… Presque.

Alexis était un garçon idéal. J’étais si bien avec lui! Il prenait bien soin de moi et je faisais de même avec lui. Son regard doux me donnait cette sensation que tout le monde appelle «les papillons». Mon cœur battait tellement fort à ce moment précis, on aurait dit qu’il allait sortir de ma poitrine.  Mes mains étaient tellement moites qu’elles étaient toutes mouillées. On aurait presque dit que je venais de me les laver. Je sentais mon coeur bondir mais pour une fois ce n’était pas de l’anxiété, c’était plus doux.

Je pense qu’on appelle ça du stress. Du bon stress. Ou de l’adrénaline. Je ne sais pas trop.

Je me rappelle de son sourire communicateur et du vert de ses yeux dans lequel je me perdais presque instantanément. Oui, ce joli vert émeraude qui m’avait charmée dès notre première rencontre. Bien sûr, ce n’était pas la seule chose qui m’avait plu chez lui… Sa personnalité aussi.

C’était le genre de garçon qui aidait tout le monde, qui était toujours respectueux mais sans devenir trop «intello».  Il s’occupait de tout le monde. 

Parfois, je me demandais même si c’était … trop beau pour être vrai.


***

C’était notre première St-Valentin à tous les deux et je n’avais jamais été aussi heureuse. Alexis m’avait donné rendez-vous à midi tapant au Kimono Sushi sur la route de l’Église. Il me connaissait assez pour savoir que je raffolais des sushis. Surtout ceux avec du saumon et des avocats. 

Lorsque j’arrivai, il m’attendait déjà, assis à une table près de la fenêtre. Il était là, juste devant moi. Dès que j’entrai, comme à son habitude, il me complimenta sur mon sourire ainsi que ma beauté et il m’embrassa tendrement sur les lèvres.

Nous avons parlé pendant des heures. J’ai tellement ri que j’en avais mal au ventre, mais ça ne faisait rien car nous étions les personnes les plus heureuses à cet instant.

Je mangeais un maki à l’avocat quand il sortit un cadeau de son sac. Lorsque j’ouvris le paquet vert, j’eus les larmes aux yeux en voyant qu’il m’avait acheté un bracelet avec nos initiales. Il s’était rappelé du moment où je lui avais dit que je trouvais qu’un bracelet était significatif.  

À mon tour, je lui offris le cadeau que j’avais trouvé pour lui. J’étais fière de mon idée. Je lui avais acheté le coton ouaté qu’il voulait depuis quelques semaines. Évidemment, je savais que j’allais aussi en profiter, mais cela lui fit plaisir. Ça faisait quelques mois déjà que nous étions ensemble et nous avions toujours des anecdotes à nous raconter. 

Je me souviens qu’il avait toujours des étoiles dans les yeux lorsqu’il parlait de son passé, bien que celui-ci n’ait pas toujours été facile. Alexis trouvait toujours du positif dans tout et me racontait comment ces expériences l’avaient fait grandir. 

Un jour, il me parla du deuil de son père. Je pouvais ressentir la douleur que cela lui avait apportée mais je n’osais pas dire un mot lorsqu’il me racontait la façon dont cet évènement dramatique s’était déroulé. 

Son père s’était sacrifié pour sauver une maman et son bébé qui allaient se faire frapper. Mon copain avait toujours vu son père comme un héros. Cet évènement datait de 14 ans déjà et même si Alexis n’avait pas beaucoup connu son père qui  était mort lorsqu’il était encore petit, il me racontait toujours à quel point les souvenirs de son papa étaient positifs, bien que sa mort ait affecté la famille au complet. 

Ce que j’aurais dû lui dire lorsqu’il me racontait cela, c’est que moi, je le voyais de la même façon qu’il voyait son père. 

Je me souviens qu’après le restaurant, nous sommes allés chez lui écouter un film: Nos étoiles contraires. Sérieusement, Alexis est un homme à marier. Chaque fois que je suis avec lui, je me sens épanouie. Cette St-Valentin était la plus belle que j’avais vécue et je n’étais pas sur le point de l’oublier. C’est juste avant que je parte qu’il me donna le bouquet en me disant cette phrase. Trois mots. Une signification. 

«Je t’aime»

Je l’aimais moi aussi.

Beaucoup même. 

Je m’ennuie de cet amour.

Beaucoup même.

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Les opinions différentes

Laura Lima Freire

Tout le monde a des opinions, elles sont notre façon de penser et d’être nous-même. Mais pourquoi? Comment? Est-il si important d’avoir des opinions? 

Mais c’est quoi les opinions?

La définition de l’opinion dans le dictionnaire est “jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu’il en pense”. Dans la philosophie, les opinions sont la manière de penser, ou “assumer la part très objective de ses propos”. Pour Platon “L’opinion est la faculté intermédiaire qui saisit les choses qui flottent entre les deux extrêmes”, très poétique non? Déjà pour Aristote « L’opinion s’applique à ce qui, étant vrai ou faux, peut être autrement qu’il n’est : en fait, l’opinion est l’appréhension d’une prémisse immédiate et non nécessaire ». Une opinion est véritablement une partie vitale et unique d’un individu. C’est une idée ou un jugement fondée sur un fait.

Pourquoi avoir une opinion?

Avoir une opinion, c’est avoir une partie propre de toi, l’exprimer. C’est d’être toi-même . C’est dur de ne pas avoir une opinion aujourd’hui alors que les opinions sont nos pensées. Mais on peut avoir une opinion faible et peu profonde. Si au contraire on en a une forte et bien formulée, on ne va pas être facilement manipulé. On voit le monde d’une façon unique lorsqu’on a une opinion. Elle peut être à mi-chemin entre le savoir et la connaissance, c’est pour ça qu’il faut écouter d’autres opinions. Il ne faut pas penser que la nôtre est supérieure à celles des autres.  

Les opinions des autres 

C’est crucial de s’informer des opinions, différentes des nôtres. En écoutant les autres, on peut faire évoluer nos propres pensées. Quand on écoute, parfois on n’est pas d’accord avec les autres, mais il faut quand même les respecter, déjà qu’on sait que les opinions sont une partie de la personnalité de l’être humain. Être irrespectueux avec les pensées des autres, c’est la même chose que leur manquer de respect en tant qu’être humain. On peut et on doit exprimer nos opinions mais sans manquer de respect à celles des autres. C’est correct de ne pas toujours avoir une opinion semblable à celle des autres, car on est tous différents.  

Enfin, les opinions sont uniques, spéciales et essentielles à un individu. C’est une façon de voir le monde et d’être soi-même. En écoutant les opinions des autres, on peut approfondir la nôtre et découvrir de nouvelles façons de voir le monde. Même si les opinions sont une partie importante des êtres humains, il faut savoir quand donner la nôtre. 

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Recommandation de lecture: The perks of being a Wallflower

Ana Maria Perilla Rodriguez

The perks of being a Wallflower

Avis au lecteur

Ce livre contient des passages troublants traitant de sujets comme le suicide, la violence conjugale et l’abus sexuel. Il n’est pas recommandé aux enfants de moins de 13 ans.

Résumé

Un garçon âgé de 15 ans écrit des lettres à un destinataire anonyme qu’il surnomme « Cher ami ». À la manière d’un journal intime, celles-ci lui permettent de consigner ses pensées et ses sentiments. Le livre constitue une accumulation de toutes les lettres qu’il a écrites. Récemment, Charlie a vécu la perte de Michael, son seul ami. Un sentiment de culpabilité et d’incompréhension le dévore de l’intérieur. Il se sent désespérément seul au monde. En raison de cet horrible événement, des émotions enfouies lors de la mort de sa tante Hélène, il y a huit ans, ont refait surface. Le jeune homme se questionne sur le sens de la vie et l’importance des autres êtres humains. Après une pénible rentrée au lycée, Charlie trouve un peu de joie dans la lecture et l’écriture. Son enseignant d’anglais, Bill Anderson, remarque que son étudiant a un don et lui donne des lectures supplémentaires. Ainsi, l’adolescent va découvrir quelques-uns de ses livres préférés. Bill est l’un des personnages qui va le plus influencer Charlie dans son évolution psychologique. Il va lui apprendre plusieurs leçons de vie, la plus importante étant : « Les gens acceptent l’amour qu’ils pensent mériter. » Dans son cours de menuiserie, Charlie rencontre une personne particulière qui le fait sourire; un garçon nommé Patrick. Rapidement, lui et sa demi-sœur Sam vont adopter Charlie dans leur groupe d’amis qu’ils surnomment affectueusement les Wallflowers. Pour faire court, ce roman est un témoignage unique sur les bienfaits du sentiment d’appartenance.

Appréciation

Indéniablement l’un de mes romans favoris, The Perks of Being a Wallflower est une œuvre littéraire troublante, mais tellement belle! Contrairement aux adolescents habituels, Charlie cherche uniquement à se sentir en vie. Il ne réalise pas la gravité de tous les événements horribles qu’il a traversés. C’est justement cette innocence qui le rend pur et attachant à mes yeux. Sa façon singulière de voir le monde suscite une réflexion par rapport à sa santé mentale. Ce roman m’a permis de voir la beauté dans les choses les plus insignifiantes qui m’entourent. À un moment dans le récit, Charlie, Sam et Patrick sont dans la voiture et écoutent de la musique un peu trop fort, alors Sam sort sa tête par le toit ouvrant. Dans sa lettre, Charlie décrit ce qu’il a ressenti dans les mots suivants : « Et à ce moment-là, je jure que nous étions infinis », un passage magique si vous voulez mon avis! Les sujets plus sérieux qui sont traités dans le livre, sont abordés avec une telle délicatesse par l’auteur qu’on ne se sent pas submergés par l’obscurité de leur nature. Je conseille ce livre à tous les adolescents qui, comme Charlie, cherchent leur place dans le monde et souhaitent appartenir à quelque chose de plus grand qu’eux.

Bonus

En 2012, une adaptation cinématographique du livre The Perks of Being a Wallflower voit le jour. Plutôt fidèle à son inspiration, ce film est simplement remarquable! La distribution comprend des acteurs renommés qui reflètent la beauté des personnages. Entre autres, Emma Watson dans le rôle de Sam et Paul Rudd dans celui de Bill Anderson. Sans oublier la trame sonore : The Smiths, David Bowie et U2 sont des exemples d’artistes talentueux qui y ont travaillé. Bref, une illustration touchante de la vie d’un adolescent.

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Un monde immonde

Emma Leblond-Beauchesne

L’indifférence est un préjudice

L’ignorance une désolation

Voir le monde se dégrader est comme un supplice

Il faut sonner l’alarme et prendre action

Je voudrais inciter en prenant par la main

Tous ceux qui espèrent sans agir

Me réveiller un matin 

Et dénoncer les voleurs de l’avenir

Par la nonchalance de l’humanité

Les couleurs de la nature sont en danger

Montagnes, animaux, forêts et ruisseaux

Le malheur pour eux coule à flots

Débris dans les sentiers et moteurs laissés ouverts

Ce sont eux qui abrègent l’histoire de notre terre 

 Pour elle qui encaisse sans un mot douleur et chaleur

Permettons-lui d’enfin connaître le bonheur

Lorsque les conflits éclatent

La peur s’installe et ne veut disposer

Quand le sol devient écarlate

Le monde s’arrête et l’espoir cesse d’exister

Au moment où l’harmonie cède place à la zizanie

Tous s’abritent sous leurs boucliers et dégainent leurs armes

Les coups de feu jaillissent, tout comme les larmes

Prouvant que la guerre est la pire des mélodies

Pour certains, victimes de leur propre estime

Le réveil au chant des oiseaux est un cruel ennemi

Si leur joie de vivre disparaît ainsi dans l’abîme

C’est probablement car le soleil est parti

Lutte souvent plus ardue qu’un combat armé

Contrôler sa conscience est d’une grande importance

Si la santé mentale frappe avec telle violence

C’est parce qu’elle n’est pas assez souvent soulignée

Survenant lorsque d’eux-mêmes n’ont que faible confiance

Certains se rabaissent à dénigrer la différence

Alors que les minorités devraient en être fières

Leur existence se transforme en calvaire

Pour donner l’illusion d’une certaine puissance 

Ceux qui cherchent le malheur des autres ont l’embarras du choix

Dénigrent couleur, amour, genre ou croyances

Alors qu’en eux ne réside qu’un grand désarroi

Mais qu’est-ce que cette société 

Celle où les siècles se succèdent

Tous emplis d’inventions et de remèdes

Sans toutefois contenir de paix méritée  

Lorsque je soufflerai mes prochaines bougies

Prière que mon souhait soit exaucé:

Un monde où tous contribuent au bien-être d’autrui

Et où notre but commun est d’avancer

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Projet Willow: que décidera le gouvernement américain : argent ou climat?

Léanne Langlois

Déjà que les changements climatiques sont l’une des préoccupations les plus importantes dans le monde, un nouveau projet pétrolier appelé Willow suscite la controverse aux États-Unis et dans le monde entier.

Qu’est-ce le projet Willow?

Le projet Willow est un nouveau plan pétrolier proposé par la société pétrolière ConocoPhillips. Il a été précédemment approuvé par le gouvernement de Donald Trump en 2020 mais n’a pu voir le jour sous sa présidence. Aujourd’hui, il revient au gouvernement de Joe Biden d’accepter ou de refuser ce projet. Les chances que l’administration Biden l’approuve sont assez élevées. Toutefois, le président n’a pas encore rendu sa décision finale et évalue encore ses options. On attend le verdict d’ici quelques jours. Le président Biden fait de la lutte aux changements climatiques une priorité absolue et l’autorisation du projet Willow serait vue comme une trahison par certains. Ce projet de 8 milliards de dollars a pour objectif de construire des champs pétroliers dans la région de North Slope, dans la réserve pétrolière nationale en Alaska, afin de développer une nouvelle production de pétrole et de gaz naturel. Le projet Willow qui serait érigé sur la côte nord de l’Alaska se trouve tout près du parc national et de la réserve de faune de l’Arctique. Cette région abrite de nombreux habitats importants pour les ours polaires et d’autres espèces animales. Une fois les infrastructures mises en place, on estime que le gouvernement américain pourrait produire 180 000 barils de pétrole ce qui équivaut à 1.5% de la production totale du pétrole des États-Unis. On prévoit aussi la création de 1000 emplois lors de la phase de construction et 400 emplois additionnels lors de la phase opérationnelle. Le département de l’Intérieur rapporte que le projet vise à amasser 600 millions de dollars en 30 ans, ce qui est prévu pour la durée de vie de ce projet. L’entreprise ConocoPhillips propose d’installer cinq sites de forage. Si cette proposition est approuvée, il s’agirait du plus grand projet pétrolier des États-Unis depuis des décennies. 

Les conséquences du projet Willow

Les impacts d’un projet d’une telle envergure sont énormes et affectent non seulement le climat, mais aussi la faune, les écosystèmes et les populations autochtones. La pollution au carbone réchaufferait la planète mais surtout l’Arctique en faisant fondre l’habitat naturel des ours polaires déjà en diminution. Elle menacerait les habitats des oiseaux migratoires, les caribous et plusieurs animaux sauvages. Sans oublier que le bruit, la circulation ainsi que la pollution créée par ce projet viendront perturber les écosystèmes. De plus, les communautés autochtones seront affectées par Willow puisque celles-ci dépendent des nombreuses ressources qu’offre la région comme les caribous. Même si le projet promet d’être extrêmement fructueux pour les États-Unis, il est démontré qu’il produirait une émission de 278 mille tonnes de gaz à effet de serre au cours de sa durée de vie. En comparaison, 278 mille tonnes de gaz à effet de serre représentent l’émission de 2 millions de voitures au cours de la même période. D’ailleurs, Karlin Nageak Itchoak, le directeur de la Wilderness Society en Alaska a déclaré : « Nos villages autochtones s’érodent dans la mer, le dégel du pergélisol rend les infrastructures peu sûres et les sources de nourriture disparaissent. Et ce projet ne ferait qu’exacerber et accélérer la crise climatique dans l’Arctique. »

Le mouvement StopWillow

De nombreux groupes environnementaux sont opposés à ce projet, redoutant les terribles effets de la pollution sur la planète. Aussi, une multitude de jeunes internautes sur des plateformes telles que Tiktok et Instagram ont créé le mouvement hashtag StopWillow pour s’opposer au projet en faisant des vidéos pour conscientiser les autres utilisateurs des conséquences de ce plan pétrolier sur l’environnement. Ces vidéos ont récolté des dizaines de millions de vues et ont permis d’informer et d’éduquer plusieurs personnes qui ignoraient que ce projet existait. D’autant plus que ces publications ont permis de promouvoir les pétitions afin d’arrêter le projet Willow. D’ailleurs, sur le site Change.org, un site de pétition en ligne très connu, les signatures pour arrêter le projet dépassent les 1.6 millions et ce nombre ne cesse d’augmenter. 

BIBLIOGRAPHIE

CBC NEWS, Becky Bohrer et Matthew Brown. North Slope oil project in Alaska presents a dilemma for U.S. president (28 févirer 2023),

https://www.cbc.ca/news/canada/north/alaska-willow-project-dilemma-biden-1.6762948, page consultée le 6 mars 2023.

CNN, Ella Nilsen. Climate advocates are rallying against the Willow Project. The White House is eyeing concessions to soften the blow (3 mars 2023),

https://www.cnn.com/2023/03/02/politics/willow-project-petition-concessions-biden-climate/index.html, page consultée le 6 mars 2023.

OPEN ACCESS GOVERNMENT, Emily Warrender. Will the Willow Project be approved and what consequences might we see? (2 mars 2023),

https://www.openaccessgovernment.org/the-willow-project-approved-consequences-environment-oil-alska/154102/, page consultée le 8 mars 2023.

NNN. Le projet Willow sera-t-il approuvé et quelles conséquences pourrions-nous en voir ? (2 mars 2023), 

https://nnn.ng/french/30051/, page consultée le 7 mars 2023.

RADIO-CANADA. En Alaska, un projet pétrolier approuvé près d’une zone de conservation (28 octobre 2020), 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1745195/projet-petrole-alaska-conservation-environnement-willow, page consultée le 7 mars 2023.

Source de l’image liée à l’article: https://unsplash.com/fr/photos/wnOJ83k8r4w

Recommandation littéraire: Largo pétalo de mar, par Isabel Allende

Marianne Paradis

Ponctué par la poésie du poète chilien Pablo Neruda, Largo pétalo de mar suit pendant plus de cinquante ans l’histoire de Víctor et de Roser, deux militants socialistes catalans qui s’enfuient d’Espagne après la guerre civile pour échapper au régime du dictateur espagnol Franco. Ils embarquent en 1939 à bord du navire le Winnipeg, un bateau affrété par Neruda pour accueillir des réfugiés espagnols en terre chilienne. Ils nouent, tout au long de leur parcours, des amitiés durables et traversent des épreuves inimaginables. 

Isabel Allende, écrivaine chilienne et autrice de ce roman publié en 2019, a été personnellement marquée par l’histoire qui y est racontée. Le cousin de son père, Salvador Allende, est président socialiste du Chili de 1970 jusqu’à son décès en 1973, lors d’un coup d’État mené par Pinochet et soutenu par les États-Unis. Il meurt le 11 septembre 1973 et une dictature militaire qui durera 17 ans s’installe au Chili. La situation instable et sa proximité avec le président forcent Isabel Allende à s’exiler peu de temps après au Venezuela. Elle se qualifie elle-même « d’étrangère éternelle » et l’expérience de l’exil vécu par ses personnages dans Largo pétalo de mar est fortement imprégnée de son histoire personnelle. 

J’ai adoré ce roman. Les personnages sont animés d’une force incroyable qui transpire à travers l’écriture épurée d’Allende.  L’autrice réussit à tracer un portrait complexe et vivant de personnages résilients qui survivent à tout prix, encore et encore. L’histoire de Víctor et de Roser est marquée par la perte, le deuil et la souffrance, mais ils traversent les épreuves avec une solidarité et un sang-froid impressionnant. 

Je recommande fortement Largo pétalo de mar à quiconque est intéressé par les fictions historiques ou qui apprécie simplement un bon livre. Ce roman est, du moins pour l’instant, disponible seulement en version originale espagnole ou en traduction anglaise. Bonne lecture!

Pourquoi je danse

Marianne Provost

La danse. La plupart du temps, il s’agit d’un sport, mais cela peut aussi s’avérer être un véritable art. Peu importe sa définition, c’est une réelle passion que j’entretiens depuis toute jeune et sans laquelle je ne serais pas la même. Comment cette discipline peut-elle avoir autant d’influence sur moi ainsi que sur tous les danseurs qui l’exercent?

C’est simple. Au cours des dernières années, j’ai non seulement évolué en tant que danseuse, mais aussi en tant que personne. À force de performer devant un public, c’est ce qui a chassé ma timidité, étant plus jeune. La danse, c’est mon échappatoire lorsque j’en ai trop sur les épaules. C’est ce qui me permet de ne plus penser à rien et de me détendre. Mais en d’autres circonstances, danser me permet aussi de repousser les limites de mon corps et de me surpasser. 

Selon le dictionnaire, la danse est une suite de mouvements rythmés effectués avec le corps au son d’une musique. Je peux affirmer qu’il ne s’agit que d’une définition. Danser c’est un endroit de réconfort qui me permet d’exprimer mes émotions. Raconter une histoire sans avoir à prendre la parole, c’est si libérateur. Regarder quelqu’un d’autre performer peut se comparer à retirer les pétales d’une fleur. La personne se détache de son apparence pour n’exposer que son côté le plus vulnérable et humain. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que de voir quelqu’un s’ouvrir et nous laisser entrer dans son monde seulement en interprétant une chorégraphie. 

Beaucoup de danseurs pleurent à la fin de leur performance. Cela peut confondre certaines personnes. Danser permet de faire le vide et de transmettre un message avec son corps de se concentrer sur une histoire que l’on souhaite raconter et de la traduire avec des mouvements. Que je sois épuisée, préoccupée ou tout simplement heureuse, la danse demeurera la réponse. Cet art offre un côté émotionnel que nulle autre discipline ne permet. Un mélange de beauté, d’émotions et d’humanité.

Une collègue de danse m’a dit un jour: « Les parents des jeunes danseurs se plaindront souvent des prix élevés de la danse, mais ce qu’ils ignorent encore c’est que lorsque tu y inscris ton enfant, tu ne lui donnes pas seulement un moyen d’être en santé et de bouger ou encore une passion, tu lui offres une seconde famille.

C’est avec cette famille que j’ai vécu des expériences incroyables. Pleurer dans les coulisses ou même sur la scène avec mes amies fait partie des moments de ma vie que je n’oublierai jamais. Danser fait ressortir les émotions des spectateurs émus, des professeurs si fiers, des parents émotifs et surtout du danseur en tant que tel, qui s’ouvre sur une portion de sa vie. 

Bref, la danse c’est ma passion et cela demeurera ainsi éternellement. Je suis bien loin d’être la meilleure, mais j’évolue à ma façon et je continue de transmettre mon amour pour cette discipline à mes élèves.